Joypad : le bâton de joie en forme
On est nombreux à avoir pleuré quelque part en 2003, lorsque la sacro sainte équipe de Joypad a annoncé son départ du magazine. Depuis, il faut admettre que le mag n’a pas su convaincre ses nombreux fans, ceux-là même qui attendaient avec une impatience non feinte la dernière semaine du mois pour en découvrir le nouveau numéro. Et je vous parle d’un temps où Internet n’avait pas vampirisé l’information, un temps où l’actualité se passait dans les kiosques, une fois par mois…
Moi même, pourtant fervent amateur du grand Joypad, j’avais laissé tombé la franchise lors du changement de formule et d’équipe de 2003. Il faut dire que le magazine n’avait alors pas grand chose pour séduire; articles approximatifs, maquette bancale, couvertures hideuses, la rupture avec la qualité passée, était loin d’être tranquille.
Toutefois, voici quelques mois que je me remets à investir quelques euros dans le papier glacé estampillé bâton de joie. La raison de ce regain d’interêt est simple et limpide : la qualité à nouveau au rendez-vous, explications.
Première chose et non des moindres; la couv’. Epurée, minimaliste et recherchée, cet élément déterminant n’est à présent plus négligé mais au contraire bénéficie d’un soin tout particulier. Le numéro de décembre va toujours dans ce sens, avec un mario grimé en che’guevara pour illustrer le dossier du mois : la révolution Nintendo. Une vraie recherche, une once d’humour et une grande clareté dans la présentation, donnent dès le premier coup d’oeil une impression positive.
Une fois le mag en mains, la bonne impression se confirme; les articles sont bons, bien écrits et plus recherchés que la simple propagande commerciale. Les tests sont dans la même veine, rédigés avec soin il pointent souvent avec justesse les points forts et faibles des titres qui passent sur le billard. On est loin de l’arbitraire ou de l’école des fans version jeux-vidéo, les notes ne sentent pas le pot-de-vin et cela est bien agréable (par exemple ce mois ci, Assassin’s creed écoppe d’un 14/20). En bref, un contenu rédactionnel sérieux et bien mis en forme, on apprécie notamment le style de plus en plus affûté des rédacteurs qui va de paire avec la maquette, explicite et très lisible. Pas de fioritures donc mais un vrai sens du travail bien fait, encore une fois, ça fait zizir.
Enfin dernier atout, la présence chaque mois d’un supplément EDGE, qui compile “le meilleur du magazine anglais EDGE”. Une formule vendeuse certes mais qui n’est pas dénuée d’intérêt tant ce petit add-on se révèle de qualité, ces articles issus et traduits du célèbre mensuel anglais offrent un regard différent sur le monde du JV, souvent très bien documentés et décalés, ils sont un parfait complément au magazine principal, essentiellement voué à l’actualité.
Vu comme ça le tableau semble idyllique mais il ne faut pas exagérer, si la nouveau formule ne manque pas de qualités, si l’on sent le travail régulier de la nouvelle team, on ne retrouve pas “l’ambiance” des vieux ‘pad, si riches en calembours et en puissance métaphysique. En clair le joypad cuvée 2007 est un magazine sérieux, très bien fini, au style adulte et réfléchi, bref le parfait complément au très kévinesque Consoles + (détenu par la même maison d’édition, de là à y voir quelconque stratégie éditoriale…), toutefois il manque toujours le petit supplément d’âme qui puisse rendre le tout aussi unique qu’autrefois, à moins que ça ne soit ma vieille nostalgie qui ne se manifeste.
PS : EDF me doit 100 euros, ça je me doute que vous vous en foutez, mais ça fait toujours plaisir.

Pareil, je me suis remis à Joypad de temps en temps mais j’avoue que c’est surtout le supplément Edge qui m’attire. Sinon Gaming, le mag créé par les anciens de Joypad était plus que bien. Dommage qu’ils n’ont même pas réussi à tenir un an :(.