Césars 2008 : les trophées de la honte
Comme tous les ans à la même période, la sacro-sainte cérémonie des césars, hommage pompeux et suffisant au cinéma français de l’année écoulée, est revenue hanter la soirée des téléspectateurs un peu maso, persuadés que cette fois ci ça sera différent, voire bien. Pas de pot le miracle n’a pas eu lieu, une fois de plus.
C’est devant un parterre d’artistico-politico-people engoncés dans des robes et costumes à plusieurs SMIC l’unité, que s’est battu deux heures durant Antoine Decaunes, tentant tant bien que mal de vaincre la niaiserie dégoulinante et l’élitisme ambiant. Combat perdu d’avance, l’audience ici présente, avide de récompenses et congratulations, étant aussi réceptive et à l’aise qu’une bonne sœur avec un doigt de (franc ?) maçon dans le cul.
Mais les résultats sont bien plus éloquents que ma plume volontairement langue de pute :
Meilleur film
La Graine et le mulet
- Meilleur réalisateur
Abdellatif Kechiche (La Graine et le mulet )
- Meilleure actrice
Marion Cotillard (La Môme)
- Meilleur acteur
Mathieu Amalric (Le Scaphandre et le papillon)
- Meilleur second rôle féminin
Julie Depardieu (Un secret)
- Meilleur second rôle masculin
Sami Bouajila (Les Témoins)
- Meilleur espoir masculin
Laurent Stocker (Ensemble c’est tout)
- Meilleur espoir féminin
Hafsia Herzi (La Graine et le mulet)
- Meilleur Scénario original
La Graine et le mulet
- Meilleure adaptation
Persépolis
- Meilleur premier film
Persépolis
- Meilleur film étranger
La Vie des autres
- Meilleur documentaire
L’Avocat de la terreur
- Meilleur Montage
Le Scaphandre et le papillon
- Meilleure Photo
La Môme
- Meilleur Son
La Môme
- Meilleurs costumes
La Môme
- Meilleur décor
La Môme
- Meilleure musique
Les Chansons d’amour
César du meilleur court-métrage
Le Mozart des pickpockets
Je rappelle tout de même que les césars sont supposés récompenser la crème du cinéma français, il ne vaut mieux pas imaginer ce que vaut le reste, à moins que ce palmarès sente bon la tartuferie ?
Comme prévu La môme (avec des vrais morceaux de rance à l’intérieur) et Persepolis ne sont pas repartis brocouilles mais la surprise vient de La graine et le mulet, un petit film français très peu connu. Que se cache-t-il donc derrière ce nom bien enigmatique? Instant pitch
Sète, le port. Monsieur Beiji, la soixantaine fatiguée, se traîne sur le chantier naval du port dans un emploi devenu pénible au fil des années. Père de famille divorcé, s’attachant à rester proche des siens, malgré une histoire familiale de ruptures et de tensions que l’on sent prêtes à se raviver, et que les difficultés financières ne font qu’exacerber, il traverse une période délicate de sa vie où tout semble contribuer à lui faire éprouver un sentiment d’inutilité. Une impression d’échec qui lui pèse depuis quelque temps, et dont il ne songe qu’à sortir en créant sa propre affaire : un restaurant. Seulement, rien n’est moins sûr, car son salaire insuffisant et irrégulier, est loin de lui offrir les moyens de son ambition. Ce qui ne l’empêche pas d’en rêver, d’en parler, en famille notamment. Une famille qui va peu à peu se souder autour d’un projet, devenu pour tous le symbole d’une quête de vie meilleure. Grâce à leur sens de la débrouille, et aux efforts déployés, leur rêve va bientôt voir le jour… Ou, presque…
C’est que ça sent bon l’épisode de Plus belle la vie version misérabiliste et dilaté en long métrage tout ça. Forcément, film d’auteur + français, ça part mal et toutes nos craintes ont de grandes chances de se concrétiser. Si encore il y avait une actrice du calibre de sophie marceau ou emmanuelle béart, on serait en droit d’attendre notre dose de poil si chère au 7ième art franchouillard, mais vu la tronche du casting, le lot de consolation risque de ne pas répondre à l’appel. Enfin on reste dans la grande tradition des films “en super8 l’émotion n’en est que plus forte” à faire braire les téléramistes, qui règne depuis quelques temps sur le cinéma français comme l’attestaient déjà Lady chatterley ou encore l’esquive, en bref pour le rayonnement de la culture française, on repassera.
Si derrière ces résultats calamiteux, cette cérémonie, en terme d’objet télévisuel, avait été ne serait-ce que… rythmée, on aurait être un minimum indulgent, mais hormis la paire de loches de ludivine sagnier qui a mis un peu de mouvement à ce triste spéctacle, il n’y avait rien pour sortir le téléspectateur d’une profonde léthargie.
Mais n’ayez crainte, l’année prochaine, les césars reviendront et avec un peu de chance, ça sera encore pire.
NB :Evidemment je n’ai vu aucun des films nominés, ce billet suinte la subjectivité et la mauvaise foi.
J’ai pas compris l’intéret de ce billet mis à part de démontrer qu’on peux aligner des lieux communs et des réflexions de comptoir sur HB sans être censuré.
P.S. : Regarde pas canal, çà ira mieux.
Bah c’est les césars quoi.
Par contre la vraie honte c’est l’oscar de Marion Cotillard, Ellen Page le méritait 10000000000x plus. >(
Ouais des commentaires sujets à polémiques
Je n’ai vu aucun de ses films non plus, mais on sait que ça fait depuis 2002 que les césars s’évertuent à récompenser les petits films. L’intention est louable quoi qu’on en pense. Mais ça ne m’empêchera de ne pas avoir envie de voir “la graine et le mulet” quand même.
De toute façon tout ça c’est la faute à Sarkozy….
Nan le gros probléme des césars, c’est surtout le comité d’avance sur recettes qui s’est fait sévérement attaqué sur ses choix de financement au début des années 2000 (notamment par Jean-Pierre jeunet) et que maintenant l’académie récompense surtout financé par ce fameux comité histoire de dire reagrder on a pas mal investi notre argent.
Ce qui est rigolo, c’est qu’au début des césars, on leur reproché de ne récompensé que les films “commerciaux” et les acteurs déja connus. Je pense que c’est un cycle, le cinema français est pas super en forme non plus. C’est pas l’année d’Amelie Poulain et du Pacte des loups
Ah fait, personne n’a tilté mais “trophé” ça prend un “e” à la fin. Comme musée.